C'était très bon merci! Où en était-je?
Ah oui!
Le cinquième whisky arrive et c'est assez bon, de l'écorce d'agrume, citron ou citron vert, une pointe d'acidité derrière une iode légère. En bouche une jolie présence fumée la pointe d'iode qui se développe et du citron confit. Une finale assez ample les notes de fumées s'évanouissent, légères.
On est pour moi pour la première fois de la soirée sur un whisky équilibré, c'est plaisant et agréable à boire.
Comme je l'avais annoncé, notre ami Régis viendra faire une expérience avec nous en nous proposant de sentir le whisky dans son verre. On a une explosion d'agrumes au nez, tout est plus présent, mieux défini. L'avis est unanime sur les 5 personnes autour de moi qui vont sentir le whisky dans les deux verres. On apprécie d'autant mieux le whisky ensuite.
Il se trouve que c'est un
Ledaig 8 ans brut de fût à 48°
Ce qui est rigolo c'est que j'ai cité la distillerie
Ledaig en début de soirée sur le deuxième sky, mais passons. Là ou c'est hallucinant c'est les condition de stockage du produit! Parce qu'un whisky sortant de l'alambic à 80° environ, je suis étonné de le trouver à 48° après seulement 8 ans!!!!
Nous reprendrons la suite de notre dégustation après une courte pause.
Oui je n'ai pas parlé des
VERRES jusqu'à présent parce que je croyais qu'il y avait deux types de verres : les bons (bec resserré) et les mauvais (tumbler et autres verres à moutardes)
Je me permet donc de faire une petite parenthèse que je mettrai en lien dans l'index
On déguste tous ce soir avec ce type de verre :

Ce sont les verres du pub pour la dégustation de whisky, ils me semblent assez bons bien qu'assez épais. (c'est la forme de la photo mais c'est moins délicat) Jusqu'ici je ressent assez bien les arômes compte tenu de mon nez malade, (j'ai pas précisé mais j'ai des quintes de toux et je renifle et me mouche pendant la dégustation mais ça aurait nuit à mon charme légendaire)
Lui il a apporté ses verres qui sont donc ceux là

Les fameux "cool" recommandés par ManoCornuta et achetés récemment par NewYorkSup.
Pendant que j'y suis puisque je fais un point générique à mon tour, je vous poste la photo de ce que j'ai chez moi :

Il se trouve que c'est la première fois de ma vie que je fais une dégustation comparée de verres. Un même whisky dans deux verres différents. Grosso modo j'avais tendance à penser que ça changeait pas grand chose, et que c'était du marketing. Et bien il n'y a que les imbéciles qui ne changent pas d'avis, son verre révèle le nez de manière incroyable! Peut-être est-il un peu trop flatteur, d'ailleurs mais il n'est pas arrivé premier de concours de dégustation par hasard.
Je pense que je vais m'en acheter, c'est à 40 euros les 4 sur le site de pure spirit, si vous n'avez pas encore de verre de dégustation et que vous pensiez investir, je ne saurais que trop vous recommander ceux là. Si vous en avez déjà qui vous conviennent comme moi, c'est une décision à prendre. Je fais ça en partie pour redécouvrir les nez de mes whisky existant, sachant qu'ayant personnellement des problème avec cette phase du fait de mes mauvais sinus et de la piètre qualité de mon odorat j'ai vraiment envie de mettre toutes les chances de mon coté.
Ce qui est vraiment impressionnant c'est de voir que le nez est beaucoup plus ouvert et précis (et donc beaucoup plus lisible) avec son verre le chef & sommelier cool, qu'avec le traditionnel glencairn qu'on trouvera pourtant dans tous les pubs à whisky du monde.
Je referais un point quand j'aurais reçu mes verres en les comparant aux pure glass que j'ai chez moi. Merci de m'avoir suivit.
Le sixième whisky arrive et on est assez joyeux.
Moi qui suis d'un naturel réservé et effacé (ceux qui me connaissent IRL roflent en silence) je me met à parler un peu fort et à apostropher mes voisins chefs de dégustation pour me moquer gentiment et participer à cette ambiance de franche camaraderie. Je propose des arômes improbables lors des dégustations juste pour voir si ils se prennent au sérieux ou pas et jusqu'où. Je plaisante avec un des voisins a qui je passe la bouteille que l'on vient de goûter et qui me demande ce que c'est comme si je venais de sortir la bouteille de mon sac à dos. Je lui rappelle qu'on est à une dégustation et que c'est la cinquième bouteille que je lui fait passer, on rit ensemble c'est bien chouette.
Mano et moi sommes obligés de finir nos verres cul sec quand l'ami Régis arrive avec la sixième bouteille il faut vider son verre pour la suite c'est pas facile.
Nous on plaisante et on chante mais le sixième ne plaisante pas du tout lui. On monte clairement une marche au niveau tourbe c'est un peu moins fin beaucoup plus alcoolisé que le précédent. L'ami Jean Christophe aime beaucoup il dit qu'il y a tout: de la menthe de la fumée, de la coco. C'est trop bon il kiffe et tout le monde doit le savoir, il décrit le parfum de viande légèrement carbonisée au BBQ qu'il a en fond de bouche. Je l'imagine au barbecue de Culture au milieu des membres à faire son numéro devant Crowley interdit

et ZaLe qui lui répond avec douceur qu'il est désolé, mais ne boit pas d'alcool.

Je me moque un peu mais le type est fort, il est juste un peu jeune et exubérant, mais comme ça m'arrive aussi parfois, je vais être magnanime.
Il devine le nom du whisky et le susurre à l'oreille de Régis (c'est la troisième fois qu'il fait le coup mais j'ai pas parlé des deux premières pour pas lui foutre la honte

)
Il s'agit du
Ledaig 16 ans en brut de fût également le whisky est à 51,1° Je me permet de demander à notre hote du soir s'il trouve logique que le 8 ans soit à 48° et que le 16 soit à 51° il me dit que lui aussi trouve ça étrange.
On a les deux pieds dans la tourbe et c'est pas facile de finir sa tarte aux pommes! il reste 3 whisky et le voisin de ManoCornuta qui n'aime pas la tourbe (mais qui vient d'acheter un Lagavulin : un indice chez vous...) se demande jusqu'où ça va continuer comme ça et si on va continuer à monter trois marches de tourbe.
Mano Cornuta en jette sa cuiller de dépit, tant pis pour la tarte aux pomme "maison"!
Arrive le septième whisky qui prend un parfait contrepied avec le précédent.
J'ai l'impression au nez qu'on broie des pommes sous mon pif, une pomme à chair farineuse pleine d'eau comme une golden ou une pomme rouge dégueulasse pour faire des compotes. On est dans le speyside et il y aune belle dose de Sherry
Niveau accords mets/ whisky on touche le fond, on vient de se taper du poisson et des frites avec un petit whisky breton léger, une tarte au pommes avec de la fumée et de l'iode plein la bouche, et maintenant qu'on a finit on a un whisky qui passe magnifiquement avec les desserts, le mec ne le fais pas exprès mais il y a du génie dans sa démarche.
ManoCornuta avons particulièrement aimé ce whisky (je peux même vous dire que ManoCornuta a craqué et qu'il en a commandé une bouteille, honnêtement c'est sympa mais j'ai un peu peur d'acheter pour acheter et je n'ai tellement pas assez de temps pour faire des dégustations en ce moment que je n'achèterais rien avant d'être totalement emballé par le produit et ce n'est toujours pas le cas.
Un mec assez discret mais qui en connait visiblement un rayon, sans faire autant de bruit que l'ami Jean-Christophe, trouve le nom de la distillerie sans en faire des caisses.
Je ne vous fait pas languir plus longtemps, c'est un
Ben Nevis finit en fût de sherry (highland donc autant pour moi le sherry m'a trompé) C'est vachement bon les types assis à coté de ManoCornuta sont mes meilleurs amis du monde et on rigole drôlement, rien à voir avec l'alcool hein! c'est juste que je m'en rends compte au fur et à mesure.
On discute de pas mal de choses dont on pourrait débattre ici : la spéculation sur les bouteilles, les autres alcools, la qualité des verres, la subjectivité du nez... En dehors de quelques personnes qui se prennent un peu au sérieux l'assemblée est vraiment conviviale, on passe une bonne soirée.
Le huitième arrive, le verre de ManoCornuta est encore plein, le mien est à peine entamé. je vide le mien de deux traits, et ManoCornuta sacrifie un verre à eau pour stocker son précieux Ben Nevis.
Le huitième nous surprends Mano et moi, on cherche dans le speyside mais ca n'est pas ça je pense au whisky Néo-Zélandais bu au whisky live qui avait un parfum de fraise tagada. De la pomme acidulé comme de la granny bien acide, du bonbon qui pique, un coté un peu chimique, c'est étrange. On se regarde et on renifle et on se regarde à nouveau, on se dit que notre palais part en vrille. Notre voisin sympathique qui semble avoir pitié de nous, nous dit que ça l'étonnerai que ce soit du whisky...

Mais bien sûr, c'est du Rhum! Assez bon, nom imprononçable
Uitvlught on dirait un nouvel abat-jour Ikéa. 51° quand même le bordel, j'ai les oreilles qui chauffent.
Régis notre sympathique compère aux bouteilles toujours pleines nous donne alors une fiche de dégustation sur laquelle sont noté tous les whisky dégustés avec leur prix et leurs références pour qu'on puisse passer commande. Comme ça on peut marquer plein de trucs pendant qu'on est euphoriques et qu'on discute du Neuvième whisky qui arrive.
Mano Cornuta regarde la liste et ne vois pas le
Ben Nevis. L'ami Régis nous dit que oui, comme il vient à peine de le rentrer il ne sait pas encore à quel prix il peut le faire... mais nous dit qu'on peut l'inscrire quand même. J'hésite regarde les prix, m'interroge, et je remarque un truc étrange : il y a dans la liste un whisky qu'on a pas encore goûté.
Il reste un neuvième whisky a déguster et je comprends que c'est celui là.
Il verse dans nos verres on sent et au nez on se rend tout de suite compte que c'est celui là avec ManoCornuta.
La ou c'est plus rigolo c'est qu'on doit être les deux seuls de la dégustation à avoir regardé la liste parce que les experts continuent leur jeu de dégustation/devinette.
Des fois c'est plus marrant de jouer quand on triche alors je tente de réponses faciles. Le whisky en question est un autre
Kornog mais en version brute de fût. Il est à 58°, du coup quand Régis demande à combien on pense qu'il est Mano et moi on répond entre 57,5 et 58,5 environ... Pour le nom de la distillerie idem et pour le prix ou il est vendu (96 euros) on donne une fourchette "large" entre 95 et 97 euros. Nous ça nous fait rire, tout le monde est bourré de toute façon, à tel point que j'en vois qui nous regarde impressionnés, il faut dire que j'avais pris mon air pénétré au moment de dire tout ça.
Un petit café pour finir et il sera temps de rentrer. J'ai pas bu assez d'eau et le fait de rester assis n'aide pas à éliminer. Je ne suis pas le seul à être un peu déçu du niveau général de la soirée mais c'est de bon augure pour la suite, ça prouve qu'ils sont habitués à mieux. ManoCornuta semble avoir été touché par le dernier brut de fût et m'annonce qu'il va rentrer en taxi. Personnellement pour moi ce sera métro, mais je sens que ça va être long.
Au final en dehors du très bon moment passé en compagnie de ManoCornuta et de quelques autres habitués, je retiens surtout l'idée qu'il ne faut pas se censurer dans la dégustation. J'ai commencé un peu timide à chercher les mêmes arômes qu tout le monde sans forcément les trouver et au fur et à mesure j'ai fait confiance à mon nez et à ma bouche pour noter les parfums qui me venaient. Quand vous vous rendez compte que sur dix personnes il y a au moins six premières notes différentes vous pouvez vous dire que la votre n'est pas plus idiote qu'une autre. La et j'insiste la dessus c'est un langage qui s'apprivoise et qui permet de partager son expérience du whisky. Vous pouvez apprécier un arôme sans savoir qu'il s'agit de patate douce, de violette, de menthe, de clou de girofle ou de caca de chien. Vous pouvez trouver un whisky bon sans être capable de l'exprimer autrement que par : j'aime bien ça. La dégustation n'est pas un concours c'est une découverte et un partage de cette découverte.
Bon allez je vais me mettre à bosser un peu parce que ça va encore se voir!