Ce samedi, accompagné de Philo et Nemeto, on recevait notre premier cours de brassage à domicile où on en a profité pour brasser notre première English IPA avec notre formateur et avec le matériel que j'ai.
D'abord, je m'excuse qu'on n'ait pas pris de photos, mais vu l'état bordelique de la cuisine tout au long du processus c'était un peu difficile (et je n'y a plus pensé).
D'abord, on gouté plusieurs malts secs, allant de malt séchés avec un indice EBC (indice de couleur) faible à des malts torréfiés qui sont plus costaud notamment d'un point de vue EBC. Première information, le malt est sucré, et plus l'EBC est faible plus il est sucré et moins il est "fort". Donc ca nous donne déjà un aperçu des différents mélanges de malt à faire.
Une fois qu'on choisit la recette à faire et les ingrédients qui vont la constituer, on s'attelle à moudre le malt à la main avec un moulin à malt... Il ne faut pas que le malt moulu soit trop fin (farineux) ni trop gros... Mais on y arrive sans trop de problèmes avec les conseils de notre formateurs, de toute façon il faut avoir un coup de bras et mouliner.
Pendant ce temps, on fait chauffer 20 litres d'eau dans la marmite de brassage et premieres inquiétudes (qui se confirmeront par la suite), ca ne chauffe pas ou peu, vu le volume du bordel et la puissance des plaques. Il faut dire que j'ai des plaques vitrocéramiques (allemandes elles aussi

) que j'ai acheté il y a moins d'un an... Sauf que le diamètre du plus grand foyer fait 24cm alors que le diamètre de la marmite fait 36cm et qu'elle a une hauteur de 40cm.
On met plus d'une heure et demi à faire chauffer l'eau pour qu'elle atteigne une tempéraure de 65°C. Température à laquelle on peut rajouter les grains moulus. Non seulement les plaques ne chauffaient pas trop mais on a eut la brillante idée de remplir la marmite avec de l'eau froide, ce qui ne nous fait pas spécialement gagné du temps par rapport à l'utilisation directe de l'eau chaude. Mais bon on apprends de nos erreurs.
Pour améliorer tout cela on a posé une grosse casserole d'eau collé à la marmite qu'on a fait bouillir tout le long du processus, ainsi la grande marmite était en contact avec la casserole + la vapeur d'eau degagée.
Une fois le malt ajouter, il faut brasser et s'assurer que la température se situe entre 65 et 70°C max afin que les sucres, protéines et autres matières organiques présents dans les grains passent dans l'eau. Il a fallu jongler avec les plaques parce que bizarrement maintenant elles chauffaient trop

Pendant ce temps, notre formateur nous fait gouter une bière blanche qu'il a brassé, même si niveau couleur elle n'est pas tout à fait blanche

Les bières blanches étant obtenu avec un brassage de malt d'orge + du malt de blé, apparement c'est surtout la présence de malt de blé qui détermine l'appelation "blanche" que la couleur...
Elle a bon gout, un bon corps, des aromes d'agrumes bien comme il faut même si certains auraient préféré moins d'amertume en deuxième lame.
Au bout d'une heure, il faut maintenant filtrer et rincer les drèches (termes utiliser pour parler des grains, mais on va la jouer à la zlatan frère) avec 5,6 litres d'eau à 80°C, ca va ce n'est pas chiant pour obtenir une eau à 80°C. La encore, petite galère où l'on jongle entre l'eau de la bouilloire et l'eau froide du robinet pour obtenir cette température.
On rince les drèches et on obtient à peut près 25 litres de liquide qu'il va maintenant faire bouillir pendant 1 heure.
Pendant ce temps, on a un atelir séléction de houblons où l'ont choisir l'houblon amérisant et l'houblon aromatique qui vont donner le palet, la rondeur et les notes aromatiques de la bière. Notre choix se porte sur un houblon amérisant allemand et un houblon aromatique américain. Le mélange des deux semble être sympa. Le formateur valide le choix et on rajoute l'houblon amerisant au mout qui doit monter en température pour bouillir...
Et la c'est le drame, je ne sais pas si ca vient de la marmite qui est trop fine ou de la puissance des plaques, mais on n'arrive jamais à atteindre les 100°C... En couvrant la casserole on atteint 99°C mais le problème c'est qu'il faut la laisser découverte pour évaporer une partir du liquide. Et à découvert on n'atteint qu'une témpérature de 95 96°C... L'inquiétude monte, aussi bien de mon coté que celui du formateur, parce qu'il faut une grosse ebullution pour réduire le liquide, mais surtout pour agglomérer les protéines présentent dans le mout. On décide d'allumer tous les foyers des plaques (EELV on t'encule

) et de mettre plein de casserole avec de l'eau pour stimuler le machin... Ca ne changera rien, on ne gagnerai presque rien en température. On n'avait pas la grosse ebullution mais une petite qui faisait juste tourner le mout à la vitesse des pedales de Loulou Nicollin lorsqu'il décida de monter l'Alpe d'Huez.
A 10 minutes de la fin de l'ebullution on rajoute l'houblon aromatique et on hydrate les levures de bière avec de l'eau sterlisée.
Une fois ce processus terminer, on nettoye tout le materiel et on le sterilise pour commencer le refroidissement du mout avec le serpentin que j'ai fabriqué. Bon le truc marche bien même si on l'a branché à l'envers
On se rend compte que les proteines sont partiellement agglomérée, donc on ne peut pas les sortir du mout vu qu'elles sont dispersée un peu partout. On décide qu'il va falloit fermenter le mout en état, puis de le filtrer au bout d'une semaine de fermentation, les protéines devant se déposer au fond du fut.
Au bout de 15 min le mout atteind la température ambiante, il est temps d'ajouter les levures, de fermer le fut de fermentation et d'installer le barboteur (un truc qu'on remplit d'eau et qui evacue le CO2 issu de la fermentation tout en evitant le contant du moult avec la biere).
Depuis hier, on a un flux constant de bulles qui transitent par le barboteur, signe que la fermentation a bien lieu.
Dernière étape de la journée, on boit une dernière bière devant l'étape du tour de france. C'est une bière blonde brassée par le formateur et qu'il commercialise dans plusieurs caves à bières. Elle est pas mal du tout. On reconnait le style du brasseur puisqu'on y retrouve les mêmes notes aromatiques présentent dans la biere blanche.
Désormais avant de pouvoir me lancer dans mon propre brassage, il faut que j'arrive à regler l'histoire des plaques. Je vais devoir faire un test et porter à Ebullition 20 litres d'eau dans la marmite chez quelqu'un qui a des plaques ou un bruleur à gaz assez puissant pour voir si le problème vient de la marmite (deperdition de chaleur) ou des plaques. Dans les deux cas ca coute assez cher, puisque la marmite de 33l en Inox m'a couté 120°C et les plaques ne sont pas données non plus (et je n'ai pas le droit d'utiliser du gaz dans l'immeuble, surtout que je n'en ai pas envie).
Le formateur va se renseigner auprès d'un gars en belgique qui a visiblement eu le même problème pour savoir comment le résoudre.
La semaine prochaine, avec un de mes compagnons de brassage, il va falloir filtrer le mout pour séparer les proteines déposées dans le fond du reste du liquide. Ca semble bien parti, puisque j'arrive à distinguer un dépot au fond de la cuve.
Je vous tiendrai au courant de l'avancée du processus.
Finalement je tiens à remercier Philo et Nemeto de leur aide très précieuse, en espérant que le dernier ce soit remis de son manque de sommeil.