Un point sur Nibali, qui reste (de peu) mon favori pour la victoire finale:
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Nibali poissard
L’Italien, très malchanceux depuis Utrecht, digère lentement ses frustrations. En attendant l’entrée dans les Pyrénées, mardi.
DES PROMESSES INAUGURALES d’Utrecht aux falaises crayeuses de la côte normande dont il s’est détourné pour rallier la Bretagne, le Tour offre, dans sa marche frénétique, un visage inédit, diabolique, qui, pour l’heure, déboute dans ses nobles espérances Vincenzo Nibali. L’Italien se retrouve affecté par ce climat larvé de psychose qui règne sur la course et par ses revers de fortune, un méli-mélo d’hésitations, d’atermoiements, jusqu’à cette ultime disgrâce, cette chute dans la côte d’Ingouville, avant-hier, au Havre, à 900 mètres de l’arrivée.
Un coup du sort qui aurait pu avoir de funestes conséquences. « Pourquoi le cacher, j’attendais mieux de cette première semaine », admet l’Italien, qui découvre l’autre face du Tour, le double inversé de l’édition précédente qu’il avait cadenassée, pliée sous son joug à partir de Sheffield (2e étape). Un Tour qu’il subit depuis Utrecht, où il s’était appliqué, déjà, à clarifier un premier malentendu avec Nairo Quintana depuis qu’au Dauphiné le Sicilien avait stigmatisé le caractère « insaisissable » du Condor de la Movistar. « Contrairement à Froome et Contador, on ne l’avait plus revu depuis la Romandie (28 avril-3 mai), dit-il. J’avais répondu : ”Dieu sait où il est ?” Sans aucune insinuation. »
LES MALHEURS DE BOOM, L’ABSENCE DE VANOTTI
Des propos qui avaient offensé Quintana, lequel l’avait à son tour épinglé. « Moi, je n’ai pas besoin d’aller au Teide (un volcan aux Canaries, site de nombreux stages d’entraînement), avait-il polémiqué dans El Pais, je préfère retourner dans ma famille, qui a besoin de moi, en quoi est-ce intrigant ? La Colombie, ce n’est pas la jungle, on peut m’y joindre à tout moment. »
Le Colombien a-t-il cru que Nibali le soupçonnait de vouloir échapper au système de localisation de l’Agence mondiale antidopage ? « On lui a mal rapporté mes propos. Il s’est fâché à tort. Je n’ai jamais comparé la Colombie à une jungle. Ne suis-je pas moi-même un enfant de la pauvreté ? », s’était défendu Nibali, à Utrecht, alors qu’on l’interrogeait par ailleurs sur les malheurs de Lars Boom, récusé par le MPCC et sur l’absence d’Alessandro Vanotti, son fidèle gregario depuis sept ans, tenu à l’écart du Tour. Fallait-il y voir une forme d’ingratitude ? « Alessandro a préféré courir à Bakou (aux Jeux Européens, fin juin). Après, je l’ai attendu en vain au départ du Championnat d’Italie... S’il n’est pas ici, c’est de sa faute », s’irritait le Sicilien.
Il nous avait accordé quelques minutes, au bar de son hôtel. Qu’attendait-il de cette première semaine de course ? « Des étapes nerveuses, tactiques. J’essaierai d’en tirer avantage. » Plus prophétique : « Mais il y aura des chutes, il faudra être vigilant, la moindre distraction coûtera cher. »
Sans l’avouer, il projetait de rééditer sur les pavés du Nord, lors de la 3e étape, une performance analogue à celle de l’an passé sur la route d’Arenberg, où il avait terminé troisième, devant les autres favoris. « Tout dépendra du temps. Moi, j’espère qu’il pleuvra, ce sera plus sélectif... »
Il n’imaginait pas que la malchance le frapperait, insidieusement, sous le ciel démantelé de la Zélande. « Tout le groupe est parti sur la gauche, Bouhanni sur la droite. Vincenzo a hésité et l’a suivi et Bouhanni est tombé. Dommage, Quintana était battu... », remâche son préparateur, Paolo Slongo, qui somatise cet incident, symptomatique de cette poisse qui contrarie l’Italien depuis Utrecht.
RENDEZ-VOUS À LA PIERRE-SAINT-MARTIN
Sans cette fâcheuse circonstance, Nibali serait à sa juste place, 3e du général. Un Nibali frustré dans ses aspirations, qui sait qu’il lui sera difficile de créer de grands écarts en montagne. Où de nombreux observateurs l’attendent. « Pour eux, si j’ai gagné l’an dernier, c’est parce que Froome et Contador n’étaient plus là. Alors, ils me demandent de légitimer mon Tour par un exploit en montagne. C’est absurde », avait-il objecté.
Il avait marqué une pause avant de poursuivre : « Regardez Contador, il a gagné le Giro grâce au chrono de Trévise... où il a fini deuxième. À part ça, qu’a-t-il gagné ? Rien. Pas une seule étape de cols... »
Dans ce Tour, le chef de file des Astana s’est habitué à vivre sans s’illusionner sur ses chances. Le chrono par équipes de Plumelec, demain, l’aidera à mobiliser ses hommes. Mais ce qui retient son attention, c’est l’entrée des Pyrénées, dès mardi, à la Pierre-Saint-Martin (1 610 m). « Un rendez-vous déterminant où Froome, Quintana et Contador, je le sais, chercheront à marquer leur territoire, à prendre un ascendant psychologique », lâchet-il, impatient de répondre à la question qui le taraude : comment déloger Chris Froome de son piédestal ?
Froome, frétillant d’aisance sur les pavés, que l’Italien avait interpellé à tort, au Havre, après sa chute, comme s’il le rendait inconsciemment responsable de cette « nervosité » que son directeur sportif Giuseppe Martinelli a décelé chez son leader, d’ordinaire si paisible.
PIPPO BRUNELLO
Certains "observateurs" de culture se reconnaitront dans un passage.
J'ai regarde l'arrivee a Mur de Bretagne 2011 sur youtube. Je suis pas sur que Sagan puisse gagner en haut. Les rares puncheurs qui ont reussi a s'accrocher en 2011 n'avaient plus la force de disputer le sprint. C'est plus long que le Cauberg. Un peu trop pour un puncheur routier.
Ca sent le Valverde s'il a retrouve sa forme habituelle. Gallopin a ptet un coup a jouer.