Article & interview sur Zlatan dans l'Equipe:
Citation
IBRAHIMAGIQUE !
L’attaquant du PSG a fait gagner la Suède à lui seul en réussissant un incroyable quadruplé contre l’Angleterre.
ZLATAN IBRAHIMOVIC est bien un homme à tout faire. À faire gagner le Paris-SG quand il cale en Ligue 1, à faire exulter la Suède sous ses avalanches de buts, à faire rêver, aussi. Hier soir, l’attaquant de trente et un ans a livré l’un des plus grands matches de sa carrière, comme il a certainement dû y penser gamin, quand il jouait sur le terrain de foot en graviers au pied de son immeuble de banlieue, à Malmö. De son seul pied droit, Ibra a terrassé l’Angleterre, inscrivant les quatre buts de son équipe nationale (4-2). A-t-il voulu dire aux Suédois qu’ils avaient pris la mauvaise décision en baptisant leur tout nouveau stade de Solna la Friends Arena ? Qu’ils auraient fait un bien meilleur choix en l’appelant Zlatan Stadium ?
Un but en ciseau retourné… de l’extérieur de la surface
Ou tout simplement était-il si reposé, si frais après son expulsion contre Saint-Étienne (1-2, le 3 novembre) qui lui a valu de manquer le déplacement de dimanche dernier à Montpellier (1-1), qu’il a pu tout donner à l’occasion de cette grande fête devant près de 50 000 Suédois ?
La démonstration de force d’Ibrahimovic face aux Anglais n’a, en tout cas, souffert d’aucune contestation. L’attaquant du PSG aux dix buts en dix matches de L 1 était juste plus fort que tous les autres sur le terrain. Plus fort, surtout, que Joe Hart, le gardien de Manchester City, qui lui a grandement facilité la tâche dans son entreprise de démolition. Le portier anglais ne pouvait rien sur la reprise d’Ibrahimovic en deux temps à la réception d’un centre de Marin Olsson (20e) et il n’était pas non plus le premier responsable sur son formidable enchaînement contrôle de la poitrine-frappe surpuissante au fond des filets (78e).
Mais il aurait dû s’interposer, en revanche, sur le coup franc à ras de terre qui a donné l’avantage à la Suède alors que les deux équipes étaient à égalité (85e). Et si le gardien avait mieux géré sa sortie hors de la surface pour (mal) repousser un ballon de la tête, il n’aurait pas permis à l’ancien Milanais d’inscrire ce but qui restera dans les annales : à la retombée du ballon, dos au but, Ibra décollait du sol pour placer une frappe en ciseau retourné qui terminait au fond des filets (90e). Le tout de l’extérieur de la surface… Au soir de sa 85e sélection, voilà donc Zlatan Ibrahimovic à 39 buts sous le maillot suédois, deux de plus qu’Henrik Larsson, une légende qu’il a dépassée hier. À ce rythme-là, il battra bientôt le record de Sven Rydell (1921-1932), dix longueurs devant lui. Et si ce quadruplé en amical ne servira pas beaucoup l’équipe d’Erik Hamren dans sa quête d’une qualification pour la Coupe du monde 2014, il faudra toujours se méfier de cette Suède qui a dominé la France à l’Euro (2-0).
Avec Ibra, elle vaudra toujours bien plus que son 23e rang au classement FIFA.
DAVID FIOUX
Citation
« Je préfère le premier »
« ZLATAN IBRAHIMOVIC, votre quatrième but est-il le plus extraordinaire que vous ayez marqué en sélection ?
– C’était un beau but, à la fin d’un bon match pour nous. J’ai marqué quelques jolis buts pendant ma carrière, mais avec l’équipe nationale je voulais cette victoire contre un bel adversaire. Aujourd’hui, c’était le tout premier match dans le nouveau stade, contre une bonne équipe.
– Qu’avez-vous pensé au moment de réaliser ce ciseau retourné ?
– La première chose que je me suis demandée, c’est : est-ce que je dois aller au contact ou est-ce que je dois attendre que le gardien touche le ballon ? Il a touché le ballon et j’ai marqué... Enfin, j’ai essayé de marquer. Quand j’étais à terre, je regardais le but et j’ai vu que le défenseur essayait de rattraper le ballon. Il est rentré. J’étais très heureux.
– Est-ce votre meilleur match avec la Suède ?
– Non, non, je pense que j’ai fait beaucoup de grands matches. C’était un autre genre de match parce que nous jouions la première rencontre dans notre nouveau stade et c’était important de bien démarrer. Mais si vous me demandez quel but je préfère entre les quatre, je pense que c’est le premier. Parce que c’est une sorte de but historique et que c’est le premier dans le nouveau stade.
– Steven Gerrard, à qui on demandait cette semaine comment il noterait sa carrière internationale, disait qu’il se donnerait six ou sept sur dix. Combien donneriez-vous à la vôtre ?
– Dix. » (AFP)