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Réfugiée en Allemagne pour fuir Daech, elle affirme avoir croisé son bourreau dans un supermarché
La jeune Ashwaq, 18 ans, avait fui l’Irak où elle était esclave sexuelle d’un bourreau de Daech.
Son histoire est une péripétie de cauchemars. Aschwaq est jeune femme de 18 ans appartenant à la minorité yézidie, persécutée par l’Etat islamique. Ayant réussi à fuir l’Irak, où elle se sentait en danger, elle se réfugie en Allemagne, apprend la langue, et commence à chercher du travail.
Mais un jour, alors qu’elle effectue ses courses dans un supermarché, elle croise son bourreau, l’homme qui l’avait achetée comme esclave sexuelle, et abusé pendant des mois.
Enlevée le 3 août 2014, Ashwaq Haji est parvenue le 22 octobre de la même année à s’enfuir de la maison d’un djihadiste irakien qui se faisait appeler Abou Houmam. Cet homme l’avait achetée pour cent dollars.
La mère et le petit frère d’Ashwaq ont eux aussi été captifs un temps. Mais en 2015, tous les trois se sont installés à Schwäbisch Gmünd, une bourgade à 50 km de Stuttgart, dans le cadre d’un programme du gouvernement allemand pour les réfugiés irakiens. Le père, Haji Hamid, 53 ans, est resté en Irak.
Mais le 21 février 2018, elle dit avoir aperçu dans un supermarché un homme descendre d’une voiture et l’appeler par son nom avant de s’adresser à elle en allemand. « Il m’a dit qu’il était Abou Houmam, je lui ai dit que je ne le connaissais pas et il s’est mis à me parler en arabe », affirme la jeune fille.
« Il m’a dit : « ne me mens pas, je sais très bien que tu es Ashwaq et que tu vis en Allemagne avec ta mère et ton frère », il m’a même donné mon adresse et d’autres détails de notre vie en Allemagne », décrit la jeune fille. Elle a aussitôt contacté la police locale.
Après avoir prévenu les autorités, une enquête a été ouverte. « Ils m’ont dit que c’était un réfugié comme moi en Allemagne et m’ont donné un numéro à appeler si jamais il s’en prenait à moi », a déclaré la jeune femme.
La police judiciaire du Bade-Württemberg (Allemagne) a indiqué récemment sur Twitter avoir ouvert une enquête le 13 mars 2018, ajoutant toutefois que l’enquête ne pouvait « se poursuivre pour le moment, la témoin [Ashwaq] n’étant pas joignable pour répondre aux questions ».
Le parquet fédéral s’est « penché sur la question », a annoncé un porte-parole. « Mais jusqu’ici, au regard des éléments de preuves disponibles, nous n’avons pas pu identifier avec la certitude nécessaire l’auteur présumé », a-t-il ajouté.
Le parquet allemand a ouvert de nombreuses enquêtes pour terrorisme, crime contre l’humanité ou crime de guerre contre des réfugiés ou des demandeurs d’asile soupçonnés d’être impliqués dans des exactions commises par des groupes djihadistes en Irak, en Syrie ou en Afghanistan.
Trop lent Averell la